Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"

Un pas fatal

Il y a trois pas
qui mènent à la mort :

l’amour du miroir,
l’amertume du remord
et d’abandonner son regard.


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Oser vivre


Oser vivre
c’est trépasser son aura,
dessiner les couleurs d’un jour,
où vienne la main
d’un avoir éphémère
vivre l’entier d’une terre.


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Or demain

Aujourd’hui n’est pas
vivre demain ; l’or demain
se fait en ce jour.


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Le grain et le vent

Il y a dans le grain et dans le vent
cette impossible réponse
qui fait du vide son réceptacle.

Arche nouvelle jaillissant du geste,
ce créateur indécis
jeté dans le remous des ondes

arque sur le rocher ses semelles ailées.
Il s’envolent dans un panache lucide
amer de lumière au seuil de l’éphémère.


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Il devient

Ni orage, ni vendange n’accueille
ni le vent ni la mer, ni l’excuse.

Il est un,
il est le courant le ressac et le vent.
Il trempe…

Il s’ouvre sur le rocher,
comme une tripe,
il débarque…

Vivant de l’onde et du regard,
il vide le nu de son contenu
pour être corps et virgule…

Délivrance du su,
il devient.


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Avril

Les arbres lancent leurs branches effervescentes,
bourgeons dressés dans un appel à l’exaltation ;

les giboulées déchirent la robe sombre des nuages
et l’éclat de l’orage relève la courbe des collines ;

les ondes se lâchent dans une danse fertile et soudaine
couvrant le pays de bourrasque fleuries, de gesticulations et de vie…

La pluie du printemps comme une houle puissante soulève le sol givré.
L’amour dans une danse d’ors, de rouges et de violets découvre sa puissance,
les pétales en joie, les hanches en giroflées, sous le blanc éclatant des cumulus.


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La pépite

On aimerait tous nous payer à coups de pelle,
on aimerait plutôt être payé au coup de pelle.

Mais les coups de pelle n’y peuvent rien :

C’est la pépite qui fait la différence…

déposée au hasard, dans le gouffre où creuse le passant.


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C’est quoi l’illusion ?

L’éveil ne vient que lorsque l’on se retire,
c’est tant que l’on veut s’imposer encore
que le grand sommeil nous étourdit,
de la grande illusion d’être le maître.


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Les moitiés

Nous ne sommes plus que des moitiés divorcées,
îles fêlées au banquet de nos miroirs,
mythes sourires affolés par le tube…

Le fond de nos loi n’a plus que le droit,
justice foulée chevauchant le devoir ;
à la question du bien, l’état de nos biens.

Nos sagesses ne sont plus que des chiffres,
nos paroles des justificatifs, nos regards
les lèvres tranchées de nos télé-mensonges.

Nos explications nous ont légué un mot à moitié :
puzzle de lettres enfouies, bruits de signes,
ombre, dans le vent possessif de nos egos.


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Démocratie ésotérique

Il y a des non et des oui
qui sont des oui et des non
dans les couloirs des chaires
où les lobbies comme des zombies
dévorent le ventre des votants


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C’est quoi le désamour ?

L’amour est un don de soi
vers l’autre.
Il devient flamme, présence,
ouverture, espace, lumière.

Que l’un s’en saisisse, le convoite,
le jalouse ou l’épie,
l’envie, le possède ou le domine,

il n’y a plus d’amour.

De présence il devient défiance,
d’eau fraîche il devient larme,

chaleur il devient peur,

de confiance il devient absence…


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C’est quoi l’espérance ?

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Que l’on ferme ou que l’on ouvre une porte,
l’action est un possible qui agit sur le temps ;
espérer de même est une aile qui transforme l’atmosphère :
l’espérance n’est pas une attente, espérer c’est agir.

La chanson motive les hommes et les réunit dans le geste commun :
la prière libère l’homme de sa solitude, au-delà de ses propres mensonges.

Se livrer à l’instant est un acte d’intelligence : faire face.
Ouvrir le regard c’est respirer, ouvrir les bras c’est entrer.

Définir c’est abandonner, délivrer c’est découvrir,
conserver c’est expirer, devenir c’est exister ;

enfermer c’est ignorer, accueillir c’est entreprendre…

Espérer n’est pas échouer : espérer, c’est essayer…


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C’est quoi le partage ?

Il y a des moments
où il n'y a rien a dire,
des moments où le silence

devient musique ;
des moments
où la musique devient silence...

Elle entre par la peau
et nous devenons un.
Un regard, un son, un espace.

Nous, un, le cœur ouvert,
                           les yeux ouverts...
Un instant qui devient éternel,
une fleur sous le bras...


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La vague

Je dis : "vague !" ;
mon âme s'étend...
Je dis : "Non !"
mon âme s'écrase...

Va la danse et le flot.
Sur un large le rêve
lance la vie, se forme
et danse et se déhanche.

Le roulis, la houle,
mûrit une silhouette, un désir ;
l'eau trempe le sable
où s'enfoncent mes pieds...

L'air a un goût de sel
et le vent fouette mes cheveux ;
l'horizon brasse les nuages...

Mes mains sur les hanches
je cherche un équilibre :

                         je vis.


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Le départ

Une étoile se lève dans la nuit noire,
traçant un chemin dans le ciel;
c’est le dessein de l’espoir, la lumière
déposant à l’horizon sa promesse.

C’est une mouche posée sur une moustache,
un éternuement dans l’espace, comme un éclat ;
une roue, un grincement, un appel, un appui,
un gréement qui se met en mouvement.

L’eau ruisselle, caresse la coque,
l’étoile est maintenant mêlée à la nuée ;
les milliers de foyers et les rires sur la côte
disparaissent, le silence est immense.

Le soleil se lève bleu sur le clapot des flots,
ses rayons rouges pénètrent l’or des profondeurs
comme des jambes de géants sur l’abysse ;
démarche imaginaire sur de l’argile translucide.

L’écoutille laisse entrer le vent dans le cockpit,
sifflement de l’onde, chansons de passants égarés.
Elle peuple la route d’aspirations et de huées ;
une tend le regard et trouve, et naît de son voyage.


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Vernissage – Sur le Chemin

png cafe slatkine

CAFÉ SLATKINE
B  A  R     L  I  T  T  É  R  A  I  R E

V E R N I S S A G E

« Sur le Chemin» — Robert Fred
illustré par Frédéric Naef
avec la dédicace de l’auteur et de l’illustrateur

Le 13 octobre 2016, de 18h00 à 21h00
au Café Slatkine —  5, rue des Chaudronniers, 1204 Genève

png couverture

Sur le Chemin est un parcours en poésie illustré par Frédéric Naef. Ici Robert Fred livre ses vues et revient sur un chemin de vie, une fenêtre, où apparaît le poète. Écrit en vers libres, l’ouvrage aborde un voyage qui laisse le corps à son poids naturel et convie l’âme à la rêverie, au défrichage, à l’exploration et à la création.

Poète est suivi d’Errances, une invitation, une promenade au hasard du regard qui explore une vision du monde. Elle y est encore ingénue, comme sortie de l’ombre, et pourtant palpable. Sentiment d’un élan qui se livre à la mer avec l’espoir d’y trouver un monde nouveau.

 

Du même auteur:
Bourg de Four — Éditions Slatkine, 2012
Chiffons — Éditions Slatkine, 2012
Les Paraboles d’un indigné — Éditions Slatkine,  2012
Larmes — Éditions Slatkine, 2012
Éloïse — Éditions Slatkine, 2010
Pensers — Éditions Slatkine, 2010
Terre — Éditions Slatkine, 2009
Tempête — Éditions Slatkine, 2009

 

11,5 x 18 cm, 200 pages, broché
ISBN 9782832107737
CHF 32,50 / € 29.ttc

Éditions Slatkine
5, rue des Chaudronniers — 1205 Genève
www.slatkine.com
Contact libraires : Catherine Telley | ctelley@servidis.ch
Contact presse : Delphine Cajeux |  dcajeux@slatkine.com


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Le marmiton du vent

Le marmiton du vent, calé dans sa cambuse,
tance d’un ouragan l’épine de la rose ;
pointure d’espoir qui talonne l’aiguille,
boussole, houle sur les jambes du sable…

Larme du regard déferlant sur la rive,
resurrection de l’ombre sur les raisons du jour,
je suis une lame élaguant, je m’effondre sur l’onde,
poinçon, sur le tain ténu de la fenêtre, cicatrice…

« J’amène le lointain, dit-je,
un éventuel, qui vous amène la mer…
J’apporte la semence, le jour nouveau.
Vaillent les orages, je ne laisse que la vie…

C’est mon serment : j’emporte et je brise,
et je défais la parole du bien-être ;
j’apporte le verbe et déchaîne la pelouse :
je n’attends pas la paix, j’invite l’inconnu.


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