Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"

Le départ

Une étoile se lève dans la nuit noire,
traçant un chemin dans le ciel;
c’est le dessein de l’espoir, la lumière
déposant à l’horizon sa promesse.

C’est une mouche posée sur une moustache,
un éternuement dans l’espace, comme un éclat ;
une roue, un grincement, un appel, un appui,
un gréement qui se met en mouvement.

L’eau ruisselle, caresse la coque,
l’étoile est maintenant mêlée à la nuée ;
les milliers de foyers et les rires sur la côte
disparaissent, le silence est immense.

Le soleil se lève bleu sur le clapot des flots,
ses rayons rouges pénètrent l’or des profondeurs
comme des jambes de géants sur l’abysse ;
démarche imaginaire sur de l’argile translucide.

L’écoutille laisse entrer le vent dans le cockpit,
sifflement de l’onde, chansons de passants égarés.
Elle peuple la route d’aspirations et de huées ;
une tend le regard et trouve, et naît de son voyage.

Vernissage – Sur le Chemin

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CAFÉ SLATKINE
B  A  R     L  I  T  T  É  R  A  I  R E

V E R N I S S A G E

« Sur le Chemin» — Robert Fred
illustré par Frédéric Naef
avec la dédicace de l’auteur et de l’illustrateur

Le 13 octobre 2016, de 18h00 à 21h00
au Café Slatkine —  5, rue des Chaudronniers, 1204 Genève

png couverture

Sur le Chemin est un parcours en poésie illustré par Frédéric Naef. Ici Robert Fred livre ses vues et revient sur un chemin de vie, une fenêtre, où apparaît le poète. Écrit en vers libres, l’ouvrage aborde un voyage qui laisse le corps à son poids naturel et convie l’âme à la rêverie, au défrichage, à l’exploration et à la création.

Poète est suivi d’Errances, une invitation, une promenade au hasard du regard qui explore une vision du monde. Elle y est encore ingénue, comme sortie de l’ombre, et pourtant palpable. Sentiment d’un élan qui se livre à la mer avec l’espoir d’y trouver un monde nouveau.

 

Du même auteur:
Bourg de Four — Éditions Slatkine, 2012
Chiffons — Éditions Slatkine, 2012
Les Paraboles d’un indigné — Éditions Slatkine,  2012
Larmes — Éditions Slatkine, 2012
Éloïse — Éditions Slatkine, 2010
Pensers — Éditions Slatkine, 2010
Terre — Éditions Slatkine, 2009
Tempête — Éditions Slatkine, 2009

 

11,5 x 18 cm, 200 pages, broché
ISBN 9782832107737
CHF 32,50 / € 29.ttc

Éditions Slatkine
5, rue des Chaudronniers — 1205 Genève
www.slatkine.com
Contact libraires : Catherine Telley | ctelley@servidis.ch
Contact presse : Delphine Cajeux |  dcajeux@slatkine.com

Le marmiton du vent

Le marmiton du vent, calé dans sa cambuse,
tance d’un ouragan l’épine de la rose ;
pointure d’espoir qui talonne l’aiguille,
boussole, houle sur les jambes du sable…

Larme du regard déferlant sur la rive,
resurrection de l’ombre sur les raisons du jour,
je suis une lame élaguant, je m’effondre sur l’onde,
poinçon, sur le tain ténu de la fenêtre, cicatrice…

« J’amène le lointain, dit-je,
un éventuel, qui vous amène la mer…
J’apporte la semence, le jour nouveau.
Vaillent les orages, je ne laisse que la vie…

C’est mon serment : j’emporte et je brise,
et je défais la parole du bien-être ;
j’apporte le verbe et déchaîne la pelouse :
je n’attends pas la paix, j’invite l’inconnu.

C’est quoi la nue ?

C’est un amoncellement de coton :
des ouates, des courbes, en constante émulsion ;
c’est l’invention de la vie, bouillonnante ;
un souffle qui se reforme et se recrée.

Un amoncellement d’images, de rêves,
qui se défont, reviennent et passent ;
dans le ciel, dans l’éternel voyage,
des forment qui dansent et puis s’unissent…

La nue, c’est le lit de la lune,
c’est le couffin du firmament ;
le jeu des ombres dans la nuit
qui concoctent une aube nouvelle.

La nue, c’est le matin ;
les joues de la rosées, chargées de pluie,
qui viennent inonder l’aurore
des reflet merveilleux de l’origine.

C’est quoi un régime ?

Un régime de bananes,
une république, une bannière,
une confrérie de singes
ou une purge tyrannique ;

la résolution d’un sage,
une nécessité médicale,
un caprice despotique,
un pâle pot schizophrène.

Un régime : c’est une mesure,
un diktat, un canon, une ligne ;
un point de vue, un pot de vin,
une censure, une citation édulcorée…

Bref. Un régime, c’est une question d’opinion ;
ça va, ça vient. Selon la forme ou le regard
un régime c’est un peu un test, une idée, un essai, une vie…
Ce qui est sûr, c’est que c’est sensé faire du bien.

Le chemin du regard

Le chemin du regard est un voyage,
c’est un phare envoyant sa lumière ;
il appelle déjà le pas de l’échange
qui n’est pas encore levé de la glaise.

Il transporte une réponse, traverse les ponts,
ouvre les portes, annonce la parole ;
Tout le palais se suspend à son décret,
lorsqu’après le discours le réel surgit de son éclat…

Il est absent quand il est las ; haussement
de l’épaule sur le clos de ses paupières ;
il enfouirait entier le monde dans une moue,
effacerait d’un bâillement le bleu sur l’azur…

Quand il est hautain, il est ailleurs ;
inaccessible quand il entend s’imposer…
Ouvert, il transporte le ciel et s’illumine,
accueille l’amour et se dresse plein de vie ;

Le chemin du regard est une évolution :
elle pointe les étoiles… Inaccessible ?
Bien plus proche de nos enfants
que la vacance d’une explication…

C’est quoi l’amour ?

La flaur

L’amour, c’est quand on écoute...

Que l’on regarde,
que l’on nourrit,
que l’on soigne...

                      La vie nous rembourse en fleur...

Les griffons

Avec leurs grandes griffes il griffent
les beaux rêves que l’on tisse.
Avec leurs grandes pattes il piétinent
le fin tissage des fruits de l’estime.

Avec leur haleine de haine ils brûlent
le sein clair des jeunes filles tranquilles.
Avec leur viscères érectiles ils pourrissent
le paradis vert de grands claques voilés…

Ce sont les griffons, des fous, des barbares sanguinaires,
ils tranchent à l’aveugle et se répandent en hallali de shrapnels ;
ce sont les assassins d‘Alamut, ils ont repris du service,
la secte hystérique, cette fois, se défonce à la méthamphétamine…

Mirage


Épure élimée de son substrat,
clone élégant de mes rêves,
un élan tissé de pures intentions
cadre son décor sur mes perspectives.

Plantage de pions dans le moule,
je monte une glace à ma façon ;
chiche toison de poils au menton,
je suis issu d’un gage imaginaire…

Je trouve une certitude déposée sur la page ;
disposée à justifier mon passage illusoire
elle se dévoue dans sa cellule à se glorifier…
Et je mâche ces mots dans un plat transparent

quant à chaque pas la vérité,
neuve d’un mouvement, se réveille ;
quant à chaque acte qui surgit à sa guise
le monde offre en semence le destin.

C’est quoi, l’errance ?

Errer, c’est au bout des doigts
des lacets que l’on a défaits,
des pieds nus dans les tours du courant.

Errer, c’est le hasard dans un coin de tiroir,
c’est une rivière oubliée où se réveille le temps,
un sentier léger allant, on ne sait où.

Errer c’est une cascade qui se jette avec le ciel,
n’arrive jamais, aspirée toute entière
dans une bouffée d’air, dans une dégringolade.

Errer, c’est de la lumière qui a quitté le phare
et s’égare à la rencontre d’un passant sur la mer,
d’un regard sur le monde, qui en fait la beauté.

Une question…

L’homme va-t-il où il veut,
ou va-t-il où il est homme ?

Le porte-clé

keysUn porte-clé qui n’ouvre pas de cœur,
c’est une valse de clics dans la ferraille…

C’est une manille, un ego sans gouvernail,
un veau qui tète à pi sans vache ;

c’est l’art de la liberté qui compte les coupures;
c’est l’art de couper l’eau pour en faire une richesse…

Ce sont les addictions qui nous brûlent
et nous fument au fil du pouvoir…

Ce sont ses licences, qui tiennent la semence
et laissent à la sentence le sens et la raison…

C’est le marbre qui se met à fixer l’âme,
arbre déchu qui se défait de sa promesse.

à Yacouba Sawadogo

C’est quoi simple ?

Simple

Simple c’est plein d’amour,
c’est une écoute, un regard...

Simple, c’est aussi de la patience,
                         Prendre le temps...

– C’est en prenant le temps qu'on apprend. –

Simple c’est accepter,
accepter d’être ici, et puis ouvrir les yeux...

Le monde est autour ;
l’aimer c’est l’apprendre, l’apprendre
c’est le connaître, le connaître c’est devenir.

Simple c’est offrir, s’offrir soi ;
donner ce soi que l’on ne connaît pas,
le rencontrer, le recueillir, s’acheminer…

Simple, c’est donner du temps à la vie,
simple, c’est vivre et ouvrir son cœur,
simple, c'est ouvrir la porte et aller vers demain.

Expiration

plume.jpgEnfonce tes certitudes bien dans ton crâne ;
tu n’en sais rien, même si tu penses les voir…

Serre bien ton front de tes deux mains,
Tiens-le résolument, menton haut. Concentre-toi !

Retiens ton souffle. Fige-le. Condense-le !
Contracte tes organes, souris avec les dents, concentre ton attention !
Jusqu’à ne plus tenir, jusqu’à être pierre ; être centre…

Expire, inspire, soupire; relâche-toi.

laisse entrer le souffle…

Ce n’est pas de t’inspirer qui t’aide à vivre,
c’est de vivre qui t’aide à respirer…

Riez

wp-1456210845196.jpegNe riez pas de vos défauts,
ne riez pas de vos qualités,
riez la vie, osez-la, aimez-la !

Riez de vos sourires comme roule une vague,
dansez, comme une aile de papillon,
riez de vos certitudes,
et acceptez de partir. Devenez !

Le temps vous a déjà dévoré,
la mer absorbé, vos illusions déçu.

Prenez le gouvernail et allez-y. Riez,
riez ! car le vent n’aime pas le poids.

Icariote

Lune incendiaire sur un lac sans fond
l’étoile rêvée de ma trajectoire se défile ;
elle égraine mes pas éblouis sur le gouffre.

Mon humilité n’est que ce qu’elle est,
un lieu. Un lieu peuplé de craintes et de courages,
un rivage sur le sable, sable habillé de mes chevilles.

C’est ici, nulle part ailleurs, que mes pas se dessinent,
que m’invite la sagesse, ici que mon être se révèle ;
hors la cage de l’illusion, mon cher désir est de vivre…

Lélixire – Hors série #1

LELIXIRE
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