Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"

Destin

30-05-2015.0-150x200On n’attend rien que son destin,
et chaque instant que l’on lui vole
est comme un regard sur un joyau.

C’est lumière du commencement,
jouet secret de la rencontre,
crochet au temps pour un instant.

Une farandole dans une étoile
que l’on tisse en rudiment
sur une toile poussée du doigt.

Toile de soi que l’on ne connaît pas,
qui nous surprend sur la route qui se coud,
chemin savant qui nous épouse comme un gant.

On n’attend rien de son destin,
et chaque instant que l’on lui vole
est un joyau dans le regard…

Sainte Rame

wp-1452609208265.jpegSainte rame je me jette
dans les aléas de la vie, dé
roulé sur les ondes blondes
de son sourire carnassier.

Je tiens ton manche en croix
fermement du bout de mon doigt ;
largués les désirs sur le chahut,
largué sur le dédale bleu de la mer.

Je plonge mon avant-bras sur ta planche brute
arrachant un sillage au noir profond de l’abysse.
Je nage sur l’eau dans le rouage de mes épaules,
poussant un battement de cil sur les rivages de l’horizon.

Mon pied dans l’eau

dessinMon pied glisse sur la rive
à moitié dans l’eau à moitié dans le soleil,

frais et brûlé, entre les profondeurs et le ciel ;
comme un gâteau de chocolat salé,
comme une chantilly sur de l’étoupe,
comme un regard vif que je dissous dans la vie…

Que dois-je naître de cet en-cas,
une pulsion, une équerre, un acte, une salade ?

Le temps me plante dans dans sa sauce pour que la monte…
je me mouille pour aller, pour aller au-delà, je passe,
je lance mon pied dans le désordre cruel du chaos ;
pour vivre, pour lui échapper, pour atteindre Icare !

Et si je n’ai pas de chance, alors c’est quoi ?
la glaise nature qu’un amour triture, maladroit et pressé ?

Le rêve ? Un indicible aperçu ? Mon bras, distendu sous l’étoile ?

Mon orteil glisse, je m’évanoui, l’immensité me dilue…
Que suis-je, avec mon écuelle à recueillir mon histoire ?
Que suis-je, si je n’essaie même pas de franchir mon instinct de mort ?

Dans la rosée

Chaque matin dans une écuelle, je recueille mes rêves…

Ils abreuvent une rivière multicolore,
un lit d’éternité, une musique discrète,
dans le scintillement de la rosée…

Ils révèlent à mon éveil
les fenêtres du soleil.

De débuts et de fins

sur-le-chemin-draw-8.jpg.jpegC’est comme d’affronter le métal
et d’écouter le vêtement ;
c’est comme d’arpenter le val
et d’entrer la montagne…

Un ru, si petit, commence la vie.
Les pierres, les acquis, dilués,
même le plus solide cristal,
unis au vent dans la poussière…

Unis le court instant de vivre,
et pour l’entier du temps…

Le temps de lire un livre,
fait de débuts et de fins.

Entropie

inspiration-785x589Mon métier est un tam-tam,
il sonne comme un cœur
et s’ouvre dans un regard ;
mon pas suit le macadam…

S’y trouve une flaque lucide,
une lucarne sur les étoiles ;
dans mon âme comme une voile
qui me transporte et me décide.

Je vogue vers le jour conter cette trouvaille :
dans le ciel profond naît une matière noire,
dense, bien qu’elle soit très légère ;
elle gouverne toutes nos semailles…

Éclat de lumière

wpid-thumbnail.jpg

Attraper dans le tram des petits morceaux de beauté,
au passage, comme l’envol d'un oiseau, une fleur,
un reflet dans la vitre, un touché de soleil,
l'élégance d’une démarche ou un sourire dérobé...

Apercevoir sur la lande, les bras levés vers le ciel,
un arbre ouvrir ses rameaux dans l'immense bleu ;
suivre une aigrette dans le souffle saccadé du wagon,
amarres larguées, virevolter au-dessus du cadastre...

Outil vert de la vie qui ramasse des morceaux de miel,
passager traînant à l'affluence dans le périple du labeur,
un rêve s'échappe, emporté par un éclat de lumière,
infime grain de sable, où la mer a déposé le regard.

Les mains liées

wpid-thumbnail.jpgIl ne reste rien de moi,
rien de moi que quelques éclats…
Quelques éclats, quelques émois,
témoins de l’absence de mon regard…

De l’absence d’un ressentir, d’un retour,
d’un semis, d’une ombre, de mon amour…
Qu’ai-je fait, qu’ai-je oublié ?
Mes pas sont voués à la mort…

J’ai laissé les moissons porter mon âme,
aimé tant que la pluie voulait de mes joues,
joué avec le vent, tant que le vent voulait bien de moi.
Aujourd’hui dans le silence, dans le mensonge de mes pairs,

dans l’incompréhension, dans le néant,
j’attends un germe, une graine,
d’où jaillisse la lumière, une fontaine,
une nouvelle eau fraîche, une raison de vivre…

Raison de croire, raison d’être,
où ne ment pas le sol, où ne ment pas le ciel,
où ne mentent pas ceux qui me gouvernent
les yeux noyés, les mains lavées, veneurs vénaux dans le gasoil…

D’innombrables étoiles

wpid-img_20151103_184409.jpgIl y a dans les rues,
sous les toits,
d’innombrables étoiles,

dans nos pas,
devant nous,
les chemins du regard,

des instants,
des mystères,
des images révélées ;

il y a le serment de trouver,
le remous des rencontres,
l’abondance de les vivre…

il y a toujours,
dans une fenêtre ;

il y a la raison de l’amour,
il y a la raison de mourir,

une improbable trouvaille,
une raison d’y venir…

L’horizon…

Nous regardons l’horizon

comme autant d’attentes

mais les vagues nous annoncent

d’être doux à les attendre…

C’est le rond du regard

sur le hasard du vent

le rotor de l’histoire

sur nos désirs brûlants…

Il n’y a de chien

que notre impatience,

elle mord nos chevilles

que de n’y croire encore…

croire quoi ? Le silence ?

La patience d’être soi

de mourir pour être là

de vivre pour rester

Parce qu’on a peur de partir…

Et puis on oublie d’être ici,

de mourir, parce qu’on a peur,

et puis on a peur, alors on ne fait rien…

C’est ça, toute la question est là.

A-t-on assez confiance pour vivre ?

Pourquoi pas ?

Sourd, sommet de mon âme…

Sourd, sommet de mon âme,

source des rêves les plus fous,

où siège le vent,

terre où glisse les serpents…

 

Une fleur à la boutonnière,

un trou de lumière,

sur la nuit de mon habit

ce cœur éphémère qui se débat…

Ainsi passent les papillons

Ainsi passent les papillons,
les ailes en-haut, les ailes en-bas,
dans la cascade de leurs voyages.

Ils tracent dans le ciel
les bonds léger de leur passage,
ce sont les piques d’une toquade,
les caracoles d’une escapade,
en-haut, en-bas, des ronds dans l’air, des flammes de couleurs…

Ils passent au-dessus de l’eau-de-vie des fesses à la confesse,
ils sont la messe des voyelles, qui dansent dans l’éternel…
En-haut, en-bas, guli-gula, en clignement de soie,
source légère sur la colline, ils jouent le jeu de providence…

Guli-gula, cavalcade d’étincelles,
douceur de vie sur le lit vert des champs de fleurs,
ce sont les papillons, ils portent le printemps,
cherchant le miel, en-haut, en-bas, guli-gula,
dans le blabla de ouate de leurs ailes incandescentes.

Les rochers

Nous ne sommes de rochers
                         que le squelette...

Et toutes les vagues qui vont avec la mer,
                                   toutes nos illusions,
trouvent le vent, bouillonnant sur le rythme des écueils...


Comme les échos de la vie, elles épousent ton ventre... 

                     Elles sculptent le sable, et font de la poussière un magnifique pays.


Époux du sel et de l'eau,

trouveur de formes,

                  l'amour sème le présent...

Au Speakeasy

Je suis devant le fleuve.

Il s'appelle le Yang-Tseu-Kiang,

en clin d’œil à Blondel...


Il nous amène vers la mer,

sans ne jamais revenir ;

pissoir de nos rêves

où l'invisible voyage...


Il apaise nos erres,

vers leurs sirènes,

ou leurs éblouissement;

vers leurs racines...


Il nous soulève le soleil,

les paravents, pareil ;

détrône nos mirages,

pareil les élèves...


Dans cet immense réservoir,

le chemin,

où chacun de nos pas
                
        est une découverte...



                                À Patrick

You be S

 (United Breach-of-trust Society) 

Sous le pouvoir tentaculaire de l’audit,
les nouveaux hommes de Vichy
travaillent à leur bavoir publicitaire.

Ils arrangent le grand tapis rouge
pour le trust consolidé de la Caste,
et dénoncent le peuple. (Qui n’est pas rentable…)

Tout est conforme à un folklore de droit commun :
sous la coupole, le « no comment » aux lobbys ;
sous la loupe, le « Cuba » des 500 balles pour les vacances…

Bel effort, estampillé conglomérats,
la propagande du costard-cravate
agenouille le vote devant le nouvel ordre…

Vernissage de Bourg-de-Four

Vernissage de Bourg-de-Four

La trace

La Trace

Mon corps est truffé de déferlantes,

            aucune habitude,

                    aucun calme,

                           aucune mesure...


Les cordages claquent,

            la ferraille grince,

                    les volets s'affolent,

                           les vagues s'effondrent...


Papillon dans l'espace,

            je bats des ailes éperdument,

                    bâtissant un escalier pour le vent...


Papillon, dans une danse chaotique,

            je craque des épaules à joindre le jour ;

                    une allumette à la main, je cherche la bougie...