Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"

La chaleur

Chaleur, dessin de Robert Fred, Genève, 2013

Chaleur !… Les ombres se brouillent dans la lumière…

 

­– Lumière crue, dans un tamis de sueur…

ombres exposées, molles, paupières lourde… Canicule !… –

 

Comme un halo de souffles, comme une brume de soif, comme des branches dans le sec…

 

– circulation sur la langue d’une fourche de bitumes…

 

Une tachycardie à la Dali !… –

 

la montre fondue, le temps solidifié.

Le vent et l’ombre

Visage dans le vent, dessin de Robert Fred, Genève, 2013

Je n’entends que le vent,

Je ne vois que le vent,

je ne sens que le vent…

 

Je suis le vent !

 

Le vent dans le vent est silence,

le vent dans le vent est mon ombre,

mon ombre est libre du vent…

 

Je suis mon ombre !

 

Le vent souffle sur mon ombre,

mon ombre file entre mes pas,

mon ombre s’interroge…

 

Je suis son regard !

 

Je regarde dans mon ombre,

mon ombre me suit du regard,

le jour glisse entre mes doigts…

 

Je suis le jour !

 

Le soir vient, mes pas se trempent dans la nuit,

mon ombre et mon regard se dissolvent…

dans une danse, dans une onde…

 

battements de mon cœur…

 

Le retour du bailli Gessler

Aujourd’hui je pleure une démocratie…

 

Le gouvernement à pris sa décision,

sans équivoque !

 

(Le débat, c’était juste pour la forme…)

 

Sur chaque statue de Guillaume Tell, l’arbalète sera remplacée par un parapluie…

 

 

 

La contrariété du cristal

Contrariété du cristal, ombre d’un passant,

comme une goutte dilue…

 

De son pas d’éléphant, le passant touche le sol,

ressent, respire la terre, ébroue le décor…

 

Danse éternelle du pas et de la semence…

 

La pousse de bambou

Visage, dessin de Robert Fred, Genève, 2013

Visage, dessin de Robert Fred, Genève, 2013

Je suis Machtruc, au nom qui ne dit rien !
Je suis une pousse de bambou !… Dans une forêt de bambou.
Je ne suis pas la forêt, ni la racine, ni même la pousse…
Je suis l’énergie de la vie !

Ils veulent me donner une raison, mais je suis leur échec.
Je suis le commencement et le renouveau, je suis l’échec de leur modélisation.
Je suis leur pico seconde de retard, le souffle du mort, je suis déjà là !
Je suis ce qui les sépare du réel…

Le réel n’est pas ce que perçoit la perception,
la perception n’est que le squelette du réel, une pico seconde après le mouvement…
Le réel n’est pas défini, il est le mystère et le miracle, et la disparition…
et la naissance !

Je suis la pousse de bambou, l’énergie vive, la source des sources,
je fragilise tout ce que je touche, et révèle ce qui vient…
Je suis l’intention et l’inconnu,
la tentative…

Genève, le 7 mai 2013.