Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"
L'Ogresse, Robert Fred, 2006, Éditions Gérard Guy

L’ogresse (2006)

L’ogresse, le ventre des destins, l’espérance, passage de nos vie sur la grande roue du temps.

Cet ouvrage est dédié à ceux qui luttent pour retrouver la lumière. Depuis les ténèbres, trouver le regard qui libère de la peau de goudron qui colle les âmes sombres à leur puits de plaintes. Comprendre le ventre du temps, le traverser pour retrouver l’espérance, lumière claire et source de vie.

C’est aussi la traversée de cet énorme ventre qu’est la cité humaine, pour comme sur une vitre givrée, tracer la ligne fragile séparant de l’ombre de la lumière.

Prix: Chf 20.00 – Acheter (Contactez Robert Fred)

L’ogresse : publié aux éditions Gérard Guy à Paris en 2006, l’ouvrage regroupe les titres: L’ogresse, Le ventre des destins, Espérance
144 pages, longueur 17,9, largeur 11,3

I – L’ogresse

Athanor
Immense étrange
et savant athanor
qui d’un même regard
donne ainsi la vie
qu’à l’ogre à manger

 

 

***

 

Le rêve dans le mur
Une goutte au plafond du hangar
comme une boule de cristal rouge
pend son œil énorme et criard
sur l’arrière cour abandonnée

Pieds et poings tombés dans le monde
le regard ébahi scellé dans le vacarme
un enfant de la colle nu sur le sol
tient encore ouvertes ses fenêtres bleues

 

***

 

Quarante trois degrés
Quarante trois légions
sur le fil du rasoir
quarante trois vrilles
sous la faux de Tantale

quarante trois boissons
et leur lot de chansons
quarante trois melons
ronds sur la terre cuite

quarante trois brûlures
et leur charge confuse
quarante trois horizons
chacun ceint d’un regard

quarante trois solutions
meilleure l’une que l’autre
quarante trois pommes
vertes rouges et pendues

quarante trois rivières
et le remous des viscères
quarante trois montagnes
gigantesques vertiges

quarante trois vagues
en dégueuloir à la mer
quarante trois couloirs

en confus labyrinthe
quarante trois degrés
jusqu’à la solitude

 

***

 

Tes yeux comme la mer
et tes lèvres dans le ciel
sont les cheveux noirs
de l’immense amour

 

***

 

Le bien bât
Faire de la colère
un rempart au pouvoir
voici le bien bât
de l’établi désespoir

 

***

 

Combien de pas d’homme

Ô monde qui marche
au rythme des ans
combien de pas d’homme
faut-il à ton champ
combien de ventres
combien de guerres
à chacun de tes gestes

 

 

II – Le ventre des destins

 

Ouverture
Il faut bien mourir pour quelqu’un
parce que vivre pour soi n’a pas de sens
il faut bien vivre pour quelqu’un

parce que mourir tout seul ne veut rien dire
il faut bien être à quelqu’un
parce que tout seul on n’est pas grand-chose

 

***

 

Sur le bras du temps
Sur le bras du temps
coups à coups de forge
l’âme des hommes
danse fertile

 

***

 

L’ouverture sur le monde
L’ouverture sur le monde
est ici l’écouter
sans la faux ni le vrai

L’ouverture sur le monde
est agir dans le jour
le sculpter le tourner

L’ouverture sur le monde
en entier dans le choeur
est le don d’un regard

 

***

 

La flamme
Un tout entier
veille au fond de l’âtre
fenêtre ouverte
à la présence de l’autre

 

***

 

Dionysos
Sur tes flancs Dionysos
naissent l’ire et l’affront
l’indécence et la horde
le vacarme et le feu

Tectonique tu livres ainsi
tes bacchantes aux cols des colosses
et les forts imprenables
aux limons des rivières

Tu saisis la vigne
à la hanche abondance
et tiens ton cep éventreur
indomptable et fécond

 

***

 

La meule
Sur la meule du temps
l’innocent jouvenceau
qui se brûle les doigts

S’amuse et pleure
sur la meule qui tourne
aiguisant son regard

 

***

 

Nous ici
On joute avec l’amour
comme on tue les hommes
et l’on meurt soi-même

C’est le torrent de l’insu
qui nous pousse à trouver
c’est la marche des heures

C’est l’armée des cents vents
qui ne laissent au rocher
que le temps d’un ici

C’est le geste d’aimer
qui demande à manger
pour le temps d’un regard

C’est la prière à la mer
qui nous prend les marins
reconduits à son sein

L’on aimerait les venger
mais les ans nous répondent
et nos âmes s’éclairent

 

 

III – Espérance

 

Geste espérance
Ici qui don fait
du courage d’aimer
transperce la nuit
du geste espérance

 

***

 

Le ventre des mamans
Une petite boîte à neige
une sphère de rêve
une boule de lumière
une toute ronde

De ce qui ôte nos souffrances
le plus doux
est le ventre des mamans

 

***

 

Mots tendres
Il est un sens envers
au vent de l’habit
un ru vert clair

Une histoire simple
légère et pleine
de mots tendres

 

***

 

Il suffit
Il suffit de reconnaître une fleur
sur le tapis verdoyant du jardin
de reconnaître le feu d’un regard
dans les lambeaux épars du souvenir

Il suffit de l’apparent quotidien
pour trouver l’éclat du nouveau
de poser les yeux sur le monde
pour y trouver l’onde et son visage

 

***

 

La prière
Avant tout la prière
est amour
avant tout
son aile écarte l’ombre
et livre l’eau claire

 

***

 

Mouillé
Mouillé au creux des roches austères
donnant l’eau vive à l’épaule des plaines
un amour y tient son mystère
fragile et palpitant au sein de la nuit
qui donne au jour sa lumière abondante


Bookmark and Share