Robert Fred eut pour première lecture le Petit prince de Saint-Exupéry, puis Marc Twain : Tom Sawyer, Hukleberry Finn et Lettre à la Terre ; ensuite Hermann Hesse : Le loup des steppes et Siddhârta. Le premier poème auquel il accrocha fut Demain dès l’aube de Victor Hugo. Il s’ouvrir à la poésie avec la lecture de Rainer Maria Rilke : Les vergers, et Lettre à un jeune poète. Alors qu’il écrivait en alexandrins, Il parfit son lyrisme avec François Villon et Baudelaire qui le fascinèrent et le fascinent toujours. Pour ce qui est de la pensée, il se pencha vers Einstein, Blaise Cendrars, et Omar Khayyâm. Hors ces lignes principales, Robert Fred fit de multiples rencontres au hasard en suivant un don : lorsqu’une question le tourmentait, il se dirigeait vers une bibliothèque où, suivant son instinct, il allait vers un livre. Ce livre contenait la réponse à ce qui trottait dans sa tête. Si cela ne marchait pas, il ne recommençait qu’une fois ou deux pas plus, et trouvait à chaque fois sa réponse. Dans ces allées, une des rencontres les plus marquantes fut en ouvrant Le monde vu par moi-même d’Einstein dans la bibliothèque municipale de Genève. Il lut cette phrase qui répondit à une vision : « Des particules en suspension dont la position est due à des fluctuations aléatoires ». Cette formule conforta son appréhension des rapports humains qui lui paraissaient beaucoup plus profonds que la relation binaire, dont un être peut ressentir la multitude tant dans l’action que dans l’écoute. Le marqua ensuite Baise Cendrars, qu’il lut au hasard de rencontres, et dont l’étrange et légère manière de peindre les paysages le guida vers l’abandon de la rime ; vers une structure arythmique plus détachée, dans le dessein d’atteindre l’état d’éveil chez le lecteur, plutôt que celui de l’incantation pratiquée dans la poésie lyrique classique. Il découvrit Omar Khayyâm à travers Gérard Guy, son ami de toujours, qui lui proposa ses quatrains quand il prenait le train pour rentrer de Paris . Il lui offrit également une bouteille de vin d’Ardèche et un fromage de Normandie pour accompagner le voyage. Plus tardivement, lors d’un séjour à Madrid, ce fut Garcia Lorca. Sa lecture lui fit découvrir la profondeur et la puissance des couleurs et des contrastes. |
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