Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"
Pensers, couverture, parution: 2010, Éditions Slatkine

Pensers (2010)

Prix: Chf 22.30

Prix: Eur 16.00

éditions Slatkine

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Après « Terre » et « Tempête » dédiés à notre planète et à l’humain, Robert Fred nous offre « Pensers « .
Poésie et pensée sont un peu comme eau et huile dans nos usages, pourtant, né de la lecture d’Empédocle d’Agrigente, « Pensers » est un trait d’union. En effet, à la période dite présocratique, les penseurs mirent en place les premières colonnes de la connaissance dans un univers fascinant, instinctif et naïf, appuyé sur une représentation imaginaire et poétique qui engendra le génie de la science.
Le poète explore cette substance merveilleuse qui d’un oeil innocent et d’un accord subtil ouvre la porte de l’intelligence.
Où réside le secret pour se libérer du voile qui nous occulte le monde ?
Où réside cette lucidité qui s’échappe devant nos craintes ?
Comment s’éveiller au monde pour y trouver son regard ?
La pensée est une palpitation, un jeu dans lequel le poète se lance, libéré de tous préjugés.
Regard d’enfant dans un coeur d’adulte, ouvert sur un monde renaissant sans cesse, il doit offrir un oeil nu, aller au-delà de lui-même.

Pensers: Publié aux éditions Slatkine à Genève en 2010. Broché, sur papier Munken.
80 pages, longueur 17,9, largeur 11,3
N° SERIE: ISBN: 9782832104088 – EAN: 9782832104088

La compassion

Perles d’eau de mer
sur le front de l’âme
corps du grain de sable
le lien nous sculpte

– . –

Bu pur

L’eau fraîche de la source
est une respiration pour le ventre
devant la mort ou la souffrance
sa lueur est un pont sûr

– . –

Trop entendre

Trop entendre
c’est devenir sourd

À trop voir
on ignore
à trop dire
on s’égare

C’est aller
qui nous libère
mourir
qui devient

Aimer
c’est être

– . –

Volteface inutile

La conscience des illusions
est une volte face inutile
On ne s’acquitte pas de l’arène
en applaudissant du gradin

– . –

L’impossible réponse

Si je meurs
je ne saurai toujours pas
où cela fini

Comme je ne sais pas
où cela commence

La fenêtre ouverte
m’apporte l’air

j’inspire !

– . –

Le commencement

Ce n’est pas tant
les souvenirs
mais celui
qui se souvient

Ce n’est pas temps
l’endroit
mais celui
qui est

– . –

Regard

Acte
qui répond à l’autre
son regard

– . –

Réceptacle

La lumière est un phare
qui nous guide au long de la vie
le réceptacle en est le corps
l’abreuvoir est le chemin

– . –

Le sculpteur

Il y a sur Terre trois raisons d’aimer
la lune le soleil et les collines
une autre invisible et secrète
réside en le sable qui prend forme

– . –

Alchimiste

Prendre le vol d’un oiseau blanc
enjamber l’espace d’un pas de fourmi
fournir au ventre le souffle rouge
éveiller le sel dans l’eau de la connaissance

– . –

L’ascendance

Que chacun des croyants
descendants du ciel

chrétiens bouddhistes juifs
musulmans taoïstes indous tous

qu’ils ouvrent leurs écoutilles
qu’ils ouvrent leurs livres

qu’ils ouvrent leurs coeurs
qu’ils ouvrent leurs yeux

peut-être alors trouveront-ils
humains leur destinée commune

– . –

La lance

Les djinns les démons les affres
haines vindictes et rébellions
combats contre nous-mêmes
où s’essoufflent nos forces

Il est dans l’abandon de soi
le calme limpide et lucide
où la cible devenue claire
transporte la lance à la source