Robertfred.com, poésie. "Aimer, sinon c’est faux"
Regard et Liberté, couverture, parution: 2004, Éditions Sauvagines

Regard et liberté (1994)

Le regard que l’on porte sur le monde peut-il être source de liberté? Il est certainement l’un des acteur de ce jeu de dupes, et définitivement celui qui nous place face à nous-même…

Ces poèmes de jeunesse sont dédiés à la quête de la liberté. Une liberté réfléchie, non celle qui pense échapper à la vie, mais celle qui par le désir de l’affronter va s’affranchir de ses peurs.

Tableaux parfois noirs, cet ouvrage cherche à laver les peurs insignifiantes devant l’inéluctable, pour y assurer la lucidité du regard qui mène à la sagesse.

Ce livre est épuisé

Regard et liberté : publié aux éditions Sauvagines en 1994, l’ouvrage regroupe les titres: Regard et liberté, Egalité
144 pages, longueur 17,9, largeur 11,3
N° SERIE: ISBN: 2884460365 – EAN: 9782884460361

I – Regard et liberté

Mère
Par mon âme éblouie, j’ai puisé dans ton temps,
Le regard averti, tu m’as fait de ton sang.
J’ai puisé dans tes pleurs aux soucis de l’angoisse,
Tu m’as fait de ton coeur, ce rayon qui l’efface.

 

 

***

 

Parfum du vent
Ecoute, poète, ton coeur,
Et laisse libre ton esprit.
Sens des fleurs l’aimable douceur,
Goûte la vie et ses bons fruits.

Lors, joue-nous comme le roseau,
La musique du vent léger;
Lors, chante-nous, comme l’oiseau,
Une chanson pour l’amitié.

 

***

 

L’amour mort
Ton compagnon est parti
Dans tes souvenirs
Une douce mélancolie
Porte sur tes délires
Un peu de réconfort
A l’existence
Trop rance
De l’amour mort

***

 

Soldat
Un soldat reste accroupi dans son trou.
Seuls, les cris lancinants de la douleur
Percent, vains, le silence de l’horreur.
Il contemple, serrée contre son cou,

Sa dame, belle photo de tendresse;
Instant d’amour en un lieu de détresse,
Où le coeur est étrange, cousin des morts,
En ce parage où périt qui s’endort.

 

***

 

Le secret de la croix d’or
C’est le secret
De l’homme
Qui dort,
Et qui croit.

Tout le Monde agit,
Et c’est bien.
Alors, on ne fait qu’agir,
Pour être
Le mieux possible.

Lui, il agit aussi,
Mais ensuite,
Il croit,
Et s’endort.
Alors,
Il laisse agir.

C’est un secret,
Que j’ai trouvé,
Au fond des bois,
Au fond de moi.

 

***

 

La mort
La mort
Vieux corps-mort
Au fond des mers
Dont on ne voit que la bouée
Point d’ancrage de nos bateaux.

 

***

 

Sur une mer sans nom
A pointer l’horizon
Sur une mer sans nom,
La prison notre destin,
Liberté notre regard.

 

***

 

Grand Océan
Regarde
A l’horizon
Le vent qui vient
Sent l’odeur de la mer

 

 

II – Le chemin de côtés

 

L’œil ouvert
Le rebelle est un regard
et le sage n’est pas raisonnable

 

***

 

Sirène
Sirène aux yeux d’anges
rive d’un jour étrange
autour du noir mélange
le nectar de ton d’amour

 

***

 

Ici venus
Sur les fleuves et les mers
sur les lames imprenables
marins pèlerins voyageurs
nous sommes ici venus
faire connaissance

 

***
La bière

Vaste comme une chanson
profond comme le houblon
ton mélange amer
amène la joie d’un geste blond

***

 

Ne pas oublier
Les matins de rosée
ne pas oublier
d’écoper
car on y trouve des perles

 

***

 

Le Rubicon
Vivre c’est le Rubicon
le franchir c’est choisir
penser c’est ne pas savoir
connaître c’est aller

 

***

 

La cuisine
Un gramme de sel
deux doigts d’aventure
un peu de persil
une larme à la mer
son secret sent le rêve

 

***

 

Destin
Nous allons
Par là-bas
Où le vent nous arrêtera

 

***

 

Nos barques découvertes
Parfois les courants,
Dansent avec les vagues,
Dansent avec le temps,
Plongées imaginaires.

Parfois les vagues,
Jouent avec les algues,
Jouent avec le vent,
Danses brûlantes.

Parfois l’Océan,
Secoue nos armes,
Secoue le temps,
Nos barques découvertes.

 

***

 

Le chemin
Il n’est qu’une flamme,
Qui s’appelle la vie.
Amour, haine, pitié,

Amitié, malheur, lésine ou pardon,
La herse et le vent,
La houle et le temps.

Tous en tremblent
Et point ne reviennent.

 

 

III – Egalité

 

La fortune
Ephémérides essaimées,
Jouets cosmiques,
Nous sommes volonté.

Etincelles naissantes
Au néant céleste,
Nous sommes commencement.

Il est, dans les étoiles,
Le message d’Univers,
Nous devons le transporter.

 

***

 

Au devant de nos jours
Danse étourdissante
Au devant de nos jours,
Enfouie de soupirs,
De vents et de visages,

Une foule immense
Charrie sans cil
Nos nefs entières
Au parcours de la vie.

Le temps passe,
Fourni d’images,
Et dévore tranquillement
Nos miroirs illusoires.

 

***

 

Ulysse
Je me joue des murailles et des sombres géants
je passe les tempêtes et les pleurs des sirènes
je suis le regard qui ceint l’appétit de Circé
je suis l’horizon la conscience et le geste

 

***

 

L’oeil
Soleil de l’âme
Au devant de l’aube

 

***

 

A l’égoïste
Un peuple, une âme
Un pays,
Une terre.

Et rien, en fait,
De l’homme de peu de foi.

 

***

 

Les rivages de zanzibar
Une berge, un appel,
Une vallée tranquille.
Tout là-bas,
Derrière les mers.
Tout au loin.
Les rivages de Zanzibar,
Pays imaginaires,
Que je bâtirai dans tes yeux.

 

***

 

New York
Dans le grand vaisseau
Du quotidien,

Gens amoncelés,
Ce sont des faces,
Des bras, des vestes
Des jambes et des pieds.

Quelqu’un, toujours,
Tend sa tête à la fenêtre.

 » Homme!
Dis moi,
Y a-t-il encore des étoiles?  »

 

***

 

Une poignée d’étoiles
Il y a, sur le Monde,
Les parfums oubliés de nos ancêtres
Et l’odeur diffuse du futur.

Un présent bien présent
Sur le fil du destin

Une poignée de Terre que l’on touche,
Une infinité d’étoiles,
Et ces pas qui nous étonnent.

 

***

 

L’ange
Etre sublime
L’ange
Quitte le cercueil

Pour n’être plus
Qu’au néant
Son âme lumière

 

***

 

Le combat
Il y a dans chaque homme
Un regard, un pleur,
Caché, protégé,
Fragile et précieux.

Les combattants qui le savent
N’ont pas de regrets.

 

***

 

Le torse du feu
Dans les filets de l’entretemps,
Ouvrage imaginaire et nébuleux,
Tissu de songes au devant du néant,
L’attente et le torse du feu


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